Femmes et hommes autour du monde

Des inégalités de droit

La violence faite aux femmes en Papouasie Nouvelle-Guinée (PNG)

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La PNG est l’un des pays où l’on retrouve un des pires taux de violences envers les femmes. Une étude menée par la Commission de réforme de la loi en 1986 stipulait que plus de 2 tiers des femmes ont subi ou subiront au cour le leur vie un acte de violence (physique ou sexuelle). Ce taux a également été émis en 2009 lors d’une étude menée (Ganster-Breidler). De plus, on ne peu passer outre fait qu’environ 50% des femmes sont victimes de viols.

 Les statistiques concernant la violence et particulièrement la violence faite aux femmes sont accablantes. Un rapport d’OXFAM Nouvelle-Zélande[1] offre des données montrant clairement que, tout âge confondu, les femmes sont davantage victimes de violence que les hommes et que la violence domestique est la plus courante.

Contexte social

Le contexte socio-culturel de la PNG, indépendant depuis 1975, est particulier et illustre quelques sources de la violence. Entre autre, le niveau de pauvreté est très élevé, le taux d’alphabétisation est relativement bas (H :57% et F : 46%) et il y a une fort le taux de chômage. De plus, en 2012 l’IDH était considéré faible (moins de 0,52). Finalement, plus de 80% de la population vit en milieu rural, où l’on enregistre le plus haut taux de décès lié aux blessures issues de violence faite aux femmes entre 15 et 44 ans.

Plus de 850 sociétés tribales se côtoient sur un territoire équivalant à 27,75% du territoire québécois. Les guerres tribales sont fréquentes et sont accompagnées de crime de guerre contre les femmes (viol, enlèvement, etc.).  Les guerres tribales sont encore d’actualité.

On dit aussi que les femmes sont les principales victimes du SIDA pour plusieurs raisons. Compte tenu du faible taux d’emploi des hommes, elles doivent donc se démener pour subvenir à leurs propres besoins et à ceux de leurs enfants. Cette situation les conduit souvent à se tourner vers la prostitution. De plus, comme elles sont davantage sujettes à subir des viols elles sont doublement plus vulnérables à contracter la maladie. Malheureusement les statistiques de l’OMS se sont avérées vaines pour démontrer ce propos recueilli dans divers reportages.

Un autre élément alimentant la violence faite aux femmes est la présence du gang Raskols dans les alentours de la capitale, Port Moresby. Les individus pataugent dans le milieu du crime organisé et dans le monde de la violence et maintiennent les femmes dans un état de terreur, du moins dans la zone de la capitale. Selon les témoignages, cette situation est loin d’améliorer le problème de violence générale ainsi que celle dirigée vers les femmes[2].

La sorcellerie

Depuis 1971, la législation du pays contient une clause qui reconnait la sorcellerie comme une pratique coutumière. Depuis quelques temps, il y a multiplication des accusations de sorcellerie portées envers les femmes, lesquelles mènent à des homicides. Certains tentent de faire le lien entre l’augmentation des décès lié au SIDA et le besoin de trouver des coupables. En février 2013, une jeune femme de 20 ans a été accusée du décès d’un jeune garçon de 6 ans. Elle a été battue et brûlée dans un dépotoir de la capitale devant les yeux de plusieurs individus dont des enfants. Certains ont tenté de lui porter secours mais il leur a été impossible car ils sont eux-mêmes devenus la cible des attaques. Bien qu’homme et femmes puissent être accusés de sorcellerie, pour ces dernières cela a un autre poids puisque cet « outil » peut être utilisé à bon escient contre elle comme par exemple lorsqu’elle refuse une relation sexuelle ou lorsqu’elle « suscite » le viol. Ainsi, une femme peut être accusée « gratuitement » de sorcellerie par exemple lorsqu’elle refuse toutes avances sexuelles.

Cadre juridique

Le système juridique de la PNG combine le Common Law et le droit coutumier.  Ce dernier aurait comme avantage de combler les vides laissés par le Common Law. Évidemment il y a une certaine incompatibilité entre ces deux types de régimes de droit, le droit coutumier étant ancré dans les traditions souvent vieilles de plusieurs siècles. Dans le cas de la PNG, le droit coutumier est au grand désavantage des femmes puisqu’il privilégie la paix et la sécurité plutôt que la punition du coupable. Ainsi dans le cas de violence faite à une femme, le juge villageois préférera veiller à ce que les deux familles fassent la paix plutôt que de condamner l’agresseur. Il y a donc incohérence entre ce qui est légal et ce qui ne l’est pas.

Certains facteurs semblent être responsables de l’immobilisme en matière de respect du droit et de la dignité des femmes:

  • Incapacité de la Gendarmerie      Royale de PNG de faire appliquer la loi.
  • Ratio de 1 : 1000 (police      par civil)
  • Manque de volonté de la part      des forces policières et autorités judiciaires pour poursuivre les      coupables ce qui mène à peu de dénonciation.
  • La violence conjugale n’est pas      perçue comme un crime pour plus de 800 ethnies. Elle donc considérée comme      un droit et même un devoir.

 Revendications

Actuellement, au sein de la société civile il y a une revendication pour que la clause concernant la sorcellerie soit éliminée de la loi. C’est le cas de Monsieur Malakai Tabar politicien et membre de la Commission de réforme du droit ainsi que d’une coalition de groupes de femmes (Centre de crise des femmes de Fidji, Kup Women for Peace, Association pour les droits de la femme et le développement et autres). Cette coalition bénéficie des compétences de l’avocate pour le droit des femmes Mary Kini. Des revendications concernant l’adhésion à la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité de l’ONU et un meilleur rôle jour par le gouvernement sont également menées avec assiduité.

 

Jolianne

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