Femmes et hommes autour du monde

Des inégalités de droit

Femmes et propriété : récit d’une veuve kenyane

5 commentaires

« L’accident de la route qui a emporté mon mari a changé ma vie complètement. C’était la fin pour moi et mes enfants », a déclaré Kimani à IPS (l’agence africaine Inter Press Agency). Elle était mariée pendant sept ans et, avec son défunt mari, ils ont travaillé dur pour posséder une terre, une maison et un véhicule.

Mais quelques mois seulement après avoir enterré son mari, ses beaux-parents l’ont expulsée avec ses deux enfants de la propriété immobilière. Aujourd’hui, même si elle est hantée par le passé, elle travaille dur pour maintenir un espoir ardent, travaillant comme ouvrière occasionnelle sur les fermes environnantes.
Les beaux-parents de Kimani ont vendu la maison et la terre avant de donner le véhicule à un proche parent. Elle n’avait aucun droit aux biens. Au Kenya, beaucoup de femmes perdent leurs droits aux biens après le divorce ou le décès du conjoint. Selon les experts en droits de l’Homme, la dépendance des femmes des hommes, socialement approuvée, les laisse vulnérables aux « traditions culturelles » qui ne reconnaissent pas que les femmes possèdent des terres et autres biens.
La réalité, la tristesse et l’amertume de Kimani est le vécu quotidien de dizaines de millier de femmes à travers les contrés et les hameaux d’Afrique. Le poids de la tradition, la gourmandise où le manque de moralité ? Bien que la problématique soit complexe, elle exige réflexion. Plusieurs femmes se voient expropriées et chassées du domicile conjugal au décès de leurs maris. Seule et avec ses enfants, elle doit subvenir aux besoins de ceux-ci.
Plusieurs pays africains disposent de lois ou de dispositions dans leurs constitutions qui protègent les femmes et leur garantit le droit à la propriété. Mais dans la pratique, cela fait défaut. Njoki Njehu, directrice exécutive du ‘Daughters of Mumbi Global Resource Centre’ (Centre international de ressources des filles de Mumbi) au Kenya mentionnait à IPS que « des politiciens ont mobilisé des communautés pour s’opposer au projet de constitution parce qu’il permettrait aux femmes d’hériter des terres ». Certains pays comme le Nigeria reconnaissent aujourd’hui à la fois les régimes “traditionnels” de propriété foncière et les lois écrites suivant le modèle occidental, ce qui compliquent encore plus la problématique liée à la propriété foncière des femmes divorcées ou veuves. Il y a donc une véritable nécessité de sensibilisation et d’éducation à faire pour avancer la cause dans ce domaine.
Selon Esther Mwangi, spécialiste de la question à l’université d’Harvard, il est aussi essentiel de faire évoluer la culture. Elle estime que ceux qui décident de l’allocation des terres ont une perception du rôle des femmes dans la société qui dépend de leur culture. Il faut donc, de manière plus générale, remédier à la répartition inégale du pouvoir sur le plan économique et politique.

http://ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=6242

Issa

5 avis sur « Femmes et propriété : récit d’une veuve kenyane »

  1. Ce problème ne se pose pas seulement en Afrique ou dans les pays en développement…
    Même dans les pays développés, la conjointe du défunt ou la femme n’a pas forcément la priorité dans la succession.

    Ce sont le plus souvent les enfants qui ont la priorité dans la succession. En France par exemple, même si les femmes sont davantage protégés face à la succession, lorsque le mari décède la femme doit se manifester dans les trois mois pour obtenir la succession, autrement ce sont les enfants qui obtiennent, de droit, les trois quarts de la succession. La femme ne reçoit alors qu’un quart à moins que le mari ait modifié les termes de succession chez un notaire.[1]

    Les filles et femmes de chef d’entreprise sont aussi sujettes à la différenciation des genres en ce qui concerne les successions d’entreprises. Un rapport de WICFE (Wendel International Centre for Family Enterprise) indique les difficultés pour les filles de chef d’entreprise ou même de leur femme de s’imposer ou d’avoir leur place dans la compagnie.[2] Les filles sont « transparentes » et alors oubliées lors des successions. Quant aux « femmes de », elles sont souvent invisibles malgré leur dévouement dans l’entreprise de leur mari. Même si les mœurs tendent à changer et à évoluer pour une redéfinition des rôles dans l’entreprise et même dans la famille, la révolution se fait lentement.

    Cependant, il est vrai que dans les pays en développement, l’inégalité est plus marquée, la succession constitue un enjeu majeur pour les femmes et même les filles. Elles n’ont le plus souvent aucun droit et se retrouve alors dans des situations difficiles comme mentionnés dans le billet.

    ONU Femmes fait d’ailleurs la promotion, encourage et identifie les bonnes pratiques concernant les « droits des femmes à la propriété et à l’héritage ».[3] Certains pays en développement présentent des pratiques encourageantes comme le Laos, les Philippines et le Viêt-Nam. Des lois sur l’héritage qui garantissent l’égalité entre tous les enfants, quel que soit leur sexe, dans les successions sans testament ont été établies. Ces lois permettent aussi au conjoint survivant d’hériter à part égale avec les enfants.
    Dans les pays en développement tout comme dans les pays développés, on peut s’attendre à ce que les mœurs changent, évoluent vers un changement positif pour les femmes …

    [1] Droit-finance.net. (2013). Succession entre époux : les droits du conjoint survivant. In Droit-finance.net http://droit-finances.commentcamarche.net/contents/vie-a-deux/vd160-les-droits-du-conjoint-survivant.php3
    [2] Blondel, C. (2005). Les femmes et l’entreprise familial: rôle et évolution. http://www.insead.edu/facultyresearch/research/doc.cfm?did=1672
    [3] ONU Femmes. (non daté). Les droits des femmes à la propriété et à l’héritage. In ONU Femmes http://www.endvawnow.org/fr/articles/845-les-droits-des-femmes-a-la-propriete-et-a-lheritage.html

    • J’ignorais que cette problematique se posait aussi dans les pays du Nord meme si ce n’est pas avec acuité. Comme tu l’as bien mentionné, il existe des lois et des dispositions qui permettent à une veuve d’hériter de son mari. Ce n’est surement pas parfait mais au moins, il existe quelquechose.
      Très peu de gens du sud savent ce qu’est un testament. Meme ceux qui sont eduquer n’en ecrivent guere. Il ne faut faut sous estimer egalement le poids de la famille qui est tres large en Afrique ou en Asie mais tres restrinte ans le Nord. Le plus souvent, cette facon de faire finit par devenir une norme. Alors si une femme devait veuve, elle se retrouve dans une bataille toute seule contre une pletore de gens decidé à ne pas lâcher prise. C’est tres decevant. Il ya un serieux travail à faire et par dessus tout, une implication des plus hautes autorités du pays. Si des dispositifs sont mises en place et renforcées, on pourra avec le temps observer des changements. c’est un combat de longue haleine………

  2. Autour du monde la femme a déjà été traitée différemment pour le fait d´être femme, même la cuture canadienne [1] Les cultures et traditions ont évolué a des rythmes différents et on peut rendre compte de ça avec la mondialisation. Malgré tout l´inconfort que nous cause voir ou savoir de ces cas qu´ils nous paraissent très lointains en distance ou dans le temps , quelles sont les mesures que nous pouvons adopter? Penser que l´ONU possède une section exclusive pour l´entité des Nations Unies pour l´égalité des sexes et l´autonomisation des femmes [2] avec des programmes et fonds pour plaider envers les femmes. Si on y pense bien, pour faire changer une manière d´agir d´une culture entière , çà prend une génération au moins. La mère doit inculquer a la maison les valeurs, ça a toujours été comme ça.
    Comme la base pour l´éradication de la pauvreté est l´éducation, la prise de conscience de traiter une femme subjectivement viens aussi de la maison et est transmis a travers de la famille. La famille est la première noyau pour vivre en société: la solidarité, la justice, le sens de l’autorité et de la responsabilité en viens.
    Je répète quand je dis que c´est facile donner son avis dans la tranquillité de la maison ou écrire quelques mots dans un blogue avec la meilleure des intentions mais quelles autres façons. Si déjà l´ONU prend des mesures, qui suis-je pour faire une différence?
    Changer une culture qui a une longue vie, avec d´autres motifs religieux me parait plus difficile qu´éduquer un enfant a maison.

    [1] http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/371876/etude-la-violence-envers-les-femmes-est-en-legere-baisse
    [2] http://www.unwomen.org/fr/

    • C’est vrai que l’ONU fait des efforts mais comme tu le dit, mais malheureusement, l’ONU ne se ne dicte pas la fonçon de faire des hommes. Plus que toutes choses, on a besoin d’un changement progressif et meilleur approche et considération pour la femme. Les Etats en font leur partie mais ils peuvent faire mieux et davantage. Je suis certain que les familles, la condu=ition de la femme n’est pas la meme qu’elle l’etait il y a des decennies. Donc, les changements se font. Maleureusement, ils ne se font pas de la meme façcon.
      C’est vrai que « la mère doit inculque es valeurs » mais ces valeurs-là ne sont pas définies par la femme mais par la société toute entiere.

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