Femmes et hommes autour du monde

Des inégalités de droit

Les femmes : un atout pour propulser l’économie africaine

8 commentaires

L’inégalité entre les hommes et les femmes au travail en Afrique sub-saharienne a toujours été décriée. Même si des avancées significatives ont été faites en matière d’éducation, de santé maternelle et d’accès aux ressources, les femmes restent largement en marge du milieu des affaires et des pouvoirs décisionnels.
La population africaine connaît une hausse continue depuis les années 50, passant de 9,1% à 14,8% de la population mondiale : soit plus de 1 milliard d’habitants. Les femmes représentent un peu plus de 50% de la population africaine avec une espérance de vie supérieure à celle des hommes (60.6 contre 57.4).
Si elles subviennent pour la plupart au besoin de leur famille, elles contribuent aussi bien à la prospérité économique de leurs communautés. Marcelo Giugale, directeur de la réduction de la pauvreté et la gestion économique à la Banque mondiale pour l’Afrique estime que les femmes dans le secteur privé représentent une puissante source de croissance économique et d’opportunité. Des politiques inclusives et de proximité doivent être mises sur pied afin d’encourager, de stimuler et de favoriser la participation de la gent féminine. Selon une étude de l’OCDE, les femmes représentent 70% de la force agricole et produisent 90% des denrées alimentaires tandis que la Banque Mondiale estime que « le taux de l’entrepreneuriat féminin est plus élevé en Afrique que dans toute autre région du monde ». Selon certaines sources, environ 2/3 des femmes participent à la force active du continent.
Jacana Partners a réalisé un sondage sur des étudiants africains originaires de 19 pays. Dans ce sondage dont plus de la moitié des participants était des femmes diplômées du MBA, 70% indiquait qu’elles retourneront travailler en Afrique et 35% ont même comme ambition, de créer leur propre entreprise. On observe donc un virage et une nouvelle prise de conscience dans les capacités africaines mais aussi dans les opportunités sur le continent.
Contrairement aux hommes qui font le choix de se lancer dans les affaires, l’aventure des femmes dans l’entrepreneuriat ne semble pas suivre cette trajectoire. La plupart des femmes se lancent dans ce domaine, d’abord dans l’informel, parce qu’elles n’arrivent pas à se trouver un emploi faute de scolarisation. Le plus souvent, elles y sont contraintes mais leur persévérance leur réussi et elles finissent par prospérer dans un domaine qui semble être, jusque-là, réservé aux hommes.
Si l’Afrique veut donner la chance aux femmes de participer pleinement à l’essor économique du continent, elle doit pouvoir relever le niveau d’éducation des filles, protéger les droits des femmes et leur donner accès au moyen de production tels l’accès au crédit. Une discrimination positive, comme l’a fait l’Afrique du Sud pour les noirs au lendemain de fin de l’Apartheid, pourrait permettre aux femmes de sortir de l’informel et de l’amateurisme pour pleinement participer aux économies de leurs pays.
Plus d’un pays est sur cette lancée et on continue de voir des progrès. Espérons que dans la décennie à venir, l’Afrique fera un grand pas.

WorldStat. « Population de l’Afrique », en ligne, http://fr.worldstat.info/Africa (page consultée le 23 mars 2013)
OCDE, « Les femmes en Afrique », en ligne, http://www.oecd.org/fr/dev/pauvrete/lesfemmesenafrique.htm (page consultée le 23 mars 2013)
Banque Mondiale. « La femme africaine, un atout pour propulser le continent vers la prospérité ». en ligne http://web.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/ACCUEILEXTN/PAYSEXTN/AFRICAINFRENCHE/0,,contentMDK:22851993~pagePK:146736~piPK:226340~theSitePK:488775,00.html (page consultée le 23 mars 2013)

Issa

8 avis sur « Les femmes : un atout pour propulser l’économie africaine »

  1. Bonjour,

    Que de belles perspectives ouvrent cet article, merci !

    Pour continuer dans cette veine, j’élargirai le débat en le positionnant au niveau politique et en prenant l’exemple du Libéria, et de sa présidente Ellen Johnson Sirleaf depuis 2006. La « femme de fer » comme on la surnomme, a réellement contribué au relèvement de son pays, exsangue après des années de guerre civile.

    Son bilan est en effet positif: la croissance économique est au rendez-vous, la place des femmes se consolide dans le pays, l’Etat de droit gagne du terrain, et les indicateurs en termes d’IDH et de santé croissent régulièrement.

    Pourquoi ne pas avoir plus de femmes présidentes en Afrique, pour rompre avec le clanisme et assurer une croissance consensuelle ? Il faut cependant noter que cela n’est pas nécessairement possible aussi rapidement dans les autres pays d’Afrique. En effet, le Libéria est une « anomalie » en Afrique: c’est une ancienne colonie américaine peuplée d’esclaves, qui a obtenu son indépendance en 1847 (!), au moment même où la colonisation faisait rage sur le continent. Ainsi l’histoire a façonné la manière d’être d’un peuple: les libériens sont certainement plus visiblement plus prêts à accepter une égalité homme-femme car ils ont eu le temps de se construire politiquement et socialement hors du carcan des ex-puissances colonisatrices.

    Hugues V.

    http://www.biography.com/people/ellen-johnson-sirleaf-201269
    http://www.libreafrique.org/Kodila_Liberia_Johnson

    • Ce serait certainement une réelle différence de voir de plus en plus de femme Chef de gouvernement ou Présidente de République. Ce pendant, je ne pense pas que c’est parce que le Liberia est une « ancienne » colonie des États-Unis qu’ils fait différence. SI ce pays est entré en guerre contre lui-même, c’est en partie à cause de l’opposition qui a toujours existé entre descendants d’anciens esclaves et autochtones libériens. Pour faire une petite histoire, ces descendants d’esclaves, mieux éduqués, ont été ceux qui ont accédé au pouvoir en 1847 et aux principales fonctions. Normal, parce qu’ils venaient de l’Amérique et donc avaient eu une opportunité que n’avait pas eu les autochtones, c’est à dire l’éducation. Mais cela a, au fil des années, crée des frictions, comme cela a été le cas au Rwanda (différentiation imposée par les Belges et qui va conduire plus tard au génocide).
      Ainsi Samuel Kanyon Doe en prenant le pouvoir en 1980, mis fin à une « domination » americo-libérienne qui a durée 133 ans. La brutalité de la prise au pouvoir de Doe (exécution de William Tolbert et plusieurs de ses ministres et partisans) donne une idée de la haine qui subsistait parmi les les Libériens de souche.
      L’exécution de Doe par Prince Johnson, la guerre civile et la prise du pouvoir par la suite de Charles Taylor (descendant d’esclave) amène à réfléchir.
      Le retour de paix et l’élection de Sirleaf qui a su rassembler les Libériens est à féliciter. C’est la preuve qu’il y a des femmes capable et prête à sortir leurs pays du marasme économique et de la débauche politique. Espéreront seulement que la tendance sera suivie.

  2. Nous voyons, à travers votre blogue, l’existence de plusieurs inégalités de droit entre les femmes et les hommes autour du monde.

    En Afrique comme un peu partout dans le monde, les femmes continuent de subir des discriminations, et ce, malgré leur poids démographique et leurs rôles incontournables dans l’appareil productif agricole, ainsi que dans l’économie en général [1]. Par exemple, en Afrique de l’Ouest (particulièrement au Sénégal et au Mali), les femmes jouent un rôle prépondérant dans l’économie. Au Mali, des femmes s’unissent à travers des associations pour produire le beurre de Karité qui occupe une grande part de la production agricole malienne. Cependant, le manque d’éducation de ces femmes et les limites dans leurs moyens peuvent devenir, à certains égards, des barrières au développement de leurs structures d’affaires. Certaines femmes africaines n’attendent plus leurs gouvernements pour changer leur situation. S’agissant de leur éducation, elles ont monté des associations pour assurer l’alphabétisation des femmes dans les milieux ruraux. Pour pallier au manque d’accès aux crédits des femmes, certaines associations de femmes ont des bons programmes de financement de micro crédits basés sur les tontines [2][3]. Ces programmes ont permis à plusieurs femmes de mettre en œuvre leurs projets d’affaires.

    Une des questions qui se posent porte sur l’origine des inégalités de droit entre les genres et notamment au manque d’éducation des femmes. Même dans les pays développés, il existe des inégalités de droit entre les femmes et les hommes comme c’est le cas au Japon. Malgré ses avancées au niveau économique et technologique, le Japon est l’un des pays où les inégalités hommes femmes au travail sont les plus manifestes [4][5]. L’écart salarial entre les hommes et les femmes au Japon peut aller jusqu’à 60% [4]. La pression sociale incite des femmes à renoncer à leurs carrières pour devenir des femmes au foyer [4]. Même dans la vie politique, les femmes sont moins représentées, il aura fallu attendre 1991 pour qu’une femme japonaise soit élue pour la première fois à un poste de maire [4]. Dans le cas du Japon, les inégalités entre hommes et femmes peuvent être nourries par des croyances culturelles et même par des croyances religieuses.
    La position des femmes commence à changer dans certaines localités, mais il reste encore un gros travail pour changer les pratiques culturelles et religieuses défavorables aux femmes. Le Rwanda [6] [7] et le Sénégal [8] ont mis en place des politiques de parité au niveau de leurs parlements respectifs, afin de réduire les inégalités à l’égard des femmes. Durant cette dernière décennie, de plus en plus de femmes africaines ont été sur le devant la scène politique. Les cas d’Ellen Johnson Sirleaf (présidente de Libéria) et de Mame Madior Boye (premier ministre du Sénégal de 2001 à 2004) montrent le changement qui s’opère au niveau des gouvernements. Dès lors, pensez-vous que la représentation des femmes dans les instances de gouvernance constitue un outil important d’évolution des mentalités?

    Norrin Halilem, Ph.D.

    [1] http://www.lecture.org/revues_livres/actes_lectures/AL/AL28/AL28P67.pdf
    [2]http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/les-tontines-en-afrique-ancetres-34275
    [3]http://www.soninkara.com/informations/actualites/la-tontine-africaine-la-banque-des-femmes.html
    [4]http://femme-japonaise.e-monsite.com/pages/la-femme-japonaise-dans-le-monde-du-travail.html
    [5]http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=LMS_210_0121
    [6]http://www.genreenaction.net/spip.php?article3116
    [7]http://www.syfia.info/index.php5?view=articles&action=voir&idArticle=3510
    [8]http://www.unwomen.org/fr/2012/07/following-elections-proportion-of-senegals-female-parliamentarians-almost-doubles/

    • Dans une certaine mesure, la représentation des femmes dans les instances de gouvernance constitue une évolution de mentalité. Une évolution, à des échelles différentes, dans la classe politique de ces différents pays. Mais cela est aussi dû aux politique de représentativité afin de respecter une certaines normes. L’accent est mis sur la représentativité des femmes dans les appareils étatiques et dans les instances de décision par les les gouvernements occidentaux et les organisations internationales. L’Union africaine a par exemple fixé une quota de 50% de représentativité féminine et qui est respectée par sa commission.
      En Afrique du Sud, en Tanzanie et en Ouganda, 30 % des sièges au parlement sont réservés aux femmes. Le Rwanda détient le record mondiale avec une représentation féminine atteint 50 %, au parlement.
      D’autres instances telles la Banque Mondiale finance des programmes destinés aux femmes. Selon le président du Groupe de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick, « Au cours des cinq dernières années, le Groupe de la Banque mondiale a contribué un montant de 65 milliards de dollars pour promouvoir l’éducation des filles, la santé des femmes et l’accès de ces dernières au crédit, à la terre, aux services agricoles, à l’emploi et aux infrastructures. Ces efforts sont certes importants, mais ils ne sont pas à la hauteur des besoins et n’occupent pas une place suffisamment centrale dans notre programme d’action. À l’avenir, le Groupe de la Banque mondiale intégrera systématiquement les questions d’égalité des genres dans ses activités, et trouvera de nouveaux moyens de promouvoir les actions en ce domaine pour permettre à la moitié de la population de la planète de réaliser pleinement son potentiel. »

      http://www.banquemondiale.org/fr/news/press-release/2011/09/18/gender-equality-right-smart-thing-world-bank-report

      À lire:

      Aissata De Diop  » Les quotas en Afrique Francophone: Des début modestes

      Cliquer pour accéder à chapter_04b-CS_Francophonie.pdf

  3. Bonjour Issa ainsi que toute l’équipe de ce blogue et merci pour ce bel article.

    L’an passé, j’ai eu la chance de vivre durant 6 mois en Afrique centrale, plus précisément au Cameroun, et j’ai en effet été témoin de plusieurs faits dont tu fais état dans ton article. Les inégalités entre femmes et hommes y sont très présentes, non seulement sous une perspective économique comme tu l’as démontré, mais également en ce qui a trait aux rôles familiaux et à la violence envers les femmes.

    Quand tu dis : « Si elles subviennent pour la plupart au besoin de leur famille […] », je suis d’accord, mais pas nécessairement quand on parle de besoins financiers. De ce que j’ai vu, rares sont les femmes qui n’ont pas de mari ou de conjoint pour subvenir à cet aspect de leurs besoins. La culture du sud du Cameroun veut que la femme se trouve un homme qui va subvenir, entre autres, à ses besoins financiers, matériels, etc. Les femmes, la plupart du temps, draguent les hommes « par intérêt », c’est-à-dire parce qu’il a les moyens de leur apporter ($) quelque chose. Lorsque le couple se forme, la femme devient financièrement dépendante de l’homme, et c’est à ce moment que l’homme « prend le contrôle » de la femme d’une certaine façon. Ils se permettent de tromper leurs femmes de façon flagrante et de les frapper quand bon leur semble. De toute façon, « Où ira-t-elle ? Si elle part elle n’aura même pas de quoi manger … ». Cette phrase-là, je l’ai entendue plus d’une fois, malheureusement. Les femmes en couple ont la réputation de se laisser aller, et tombent souvent dans la paresse, faute de dépendance, ce qui est d’autant plus malheureux.

    Pour le reste, elles sont exemplaires : cuisine, ménage, faire les courses, s’occuper des enfants, etc. Je leur lève mon chapeau, car ce qu’elles font est essentiel et admirable, mais j’aimerais assister à une meilleure répartition des tâches ménagères entre l’homme et la femme en Afrique. Or, la culture semble voir les choses différemment, notamment en raison de la religion, qui souvent définit les rôles de cette façon. Au Cameroun, juste le fait pour moi d’aider les femmes à faire la vaisselle, par exemple, attirait des regards interrogateurs de la part des hommes et des commentaires qui, à mon humble avis, étaient sexistes envers les femmes.

    Je suis du même avis que toi quand tu dis que les femmes sont un atout primordial pour le développement de l’Afrique et qu’elle ont la capacité de s’accomplir à d’autres niveaux et contribuer à l’essor économique de l’Afrique. J’ai d’ailleurs souvent rencontré des femmes qui avaient leur propre commerce (cafés, casse-croûte, stand au marché, call box, etc.) et qui étaient indépendantes financièrement. Je suis donc d’avis que l’implication des femmes dans le développement économique de l’Afrique commence par une meilleure répartition des tâches domestiques entre l’homme et la femme, et cela se fera lorsque les deux genres auront la volonté de mettre fin aux stéréotypes de rôles et aux normes sociales préconçues qui laissent peu de place à la femme.

    * Tous les exemples et faits cités dans mon commentaire sont le fruit de mes observations directes et des discussions qui ont pris place sur le terrain. Je n’ai pas la prétention d’avoir tout bien compris de cette culture extrêmement complexe ni la conviction que ces exemples s’appliquent à tous, et je ne dis pas cela pour dénigrer qui que ce soit, mais seulement pour démontrer jusqu’où les inégalités homme-femme peuvent aller.

    Alexandre Robitaille-Lachance

    • Vous avez en effet bien observé et ce que vous décrivez est une réalité constante. Puis que vous vous attarder aux abus des femmes au foyer et au fait que les deux sexes ne se partagent pas équitablement les tâches ménagères, je vais me permettre de dire un petit mon sur ces deux problématiques. C’est vrai que les femmes veulent un homme qui puissent prendre soin d’elle. Ce nécessité ou se besoin est culturel. Il n’est particulier au Cameroun mais aussi à plusieurs autres pays. C’est de coutume qu’une femme se trouve un homme qui soit capable répondre à ses besoins et de s’occuper d’elle. C’est façon de voir veut que la femme soit une femme de foyer et que son mari soit pourvoyeur. Malheureusement, le monde évolue et ce état de fait semble ne plus cadre avec les nouvelles réalités. C’est pourquoi, la femme au foyer est souvent abusée. Il doit y avoir un changement de mentalité qui ferait en sorte que la femme se valorise plus qu’elle ne le fait dans certains milieux.
      Que l’homme aide sa femme dans les taches ménagères est quelque chose qui se fait de plus en plus (mais cela n’est pas toujours le cas) , surtout quand les deux conjoints travaillent. Encore une fois, il doit s’opérer un changement de mentalité et de perception. Il ne faut pas aussi négliger le poids de la société dans le maintient d’une certaine norme. Tout cela a besoin de temps. Tout comme l’accès des femmes au monde politique, il y a beaucoup de travail en amont qui doit être fait. Osons croire que dans les décennies à venir, la situation ira en s’améliorant.

  4. Merci pour cet article sur la place de la femme en Afrique. Comme il a été aussi mentionné dans les différents commentaires, les femmes sont particulièrement présentes dans la sphère économique même si cette présence est circonscrite au secteur informel. Elles sont de plus en plus amenées à subvenir aux besoins de leur famille et cela pour diverses raisons. J’ai souvent entendu dire que le mari est moins « responsable » que la femme, il ne gère pas correctement l’argent et le dépense dans l’alcool et d’autres activités futiles, la femme se trouve ainsi obligée de travailler à son tour afin de répondre aux besoins de base de sa famille. Je ne vais pas m’attarder sur ça mais sur une chose qui m’a particulièrement frappée durant mon séjour en Afrique australe, un nombre ahurissant de femmes est veuve. Beaucoup des gens de mon entourage avaient perdu leur père à cause de la maladie ( le sida principalement) ou dans des accidents. Ces femmes se retrouvent dans l’obligation de travailler pour subvenir aux besoins de leur famille. On les retrouve principalement dans les marchés à vendre des légumes ou du poisson. Les femmes que j’avais rencontré parce qu’elles étaient seules et isolées, avaient été regroupées en association (tissage, beurre d’arachide, confection de bijoux) ce qui leur a permis d’augmenter leurs revenus avec une activité beaucoup moins pénible physiquement.
    Mais comme l’a bien mentionné Alexandre ces femmes même lorsqu’elles vivent toujours en couple doivent assumer les tâches domestiques en plus de leur activité de travail. Elles sont complètement surchargées! Cette situation s’explique par une distribution des activités économiques et sociales selon le genre. Les femmes assurent les activités de reproduction sociale, les activités de production et les activités communautaires de base.
    Il y a un réel problème au niveau de la répartition des tâches et une sensibilisation sur ce point est essentiel. C’est comme si certaines tâches ne pouvaient être réalisées que par la femme. Ainsi une des méthodes employée par les ONG de sensibilisation est un jeu qui consiste à rassembler hommes et femmes et à leur demander de décrire leur journée type puis les emplois du temps des hommes et des femmes sont comparés afin de montrer les déséquilibres. On voit ainsi que les améliorations du statut de la femme dans la sphère économique ont aussi causé des effets pervers. Les femmes se retrouvent surchargées et mettent ainsi leur santé en péril. Je pense que les actions visant le renforcement des capacités des femmes et l’appui aux activités génératrices de revenus doivent également s’accompagner d’une sensibilisation pour une répartition égalitaire des tâches dans la sphère domestique.

  5. Vous avez touché du doigt un point important: la sensibilisation. Je suis parfaitement d’accord que c’est une bonne façon de changer les mentalités car bien souvent, même les hommes ne semblent être conscients du dommage qu’ils causent en « surchargeant » les femmes comme vous le mentionnez.
    D’autre part, le regroupement des femmes en association permet à celles-ci de mieux répondre à leurs intérêts et à mieux défendre leur lot quotidien. M.Halilem en parle en illustrant des cas en Afrique de l’Ouest, notamment au Mali et au Sénégal. J’aimerais même ajouter que ces associations d’ordre économique sont de plus en fréquentes et les hommes (leurs époux) n’y pas pas de mauvais œil à se qu’elles se regroupent dans ce genre d’activités. La société africaine est très hiérarchisée et l’avis des époux comptent énormément.
    Comme je ‘ai mentionné un plus haut dans les autres commentaires, des changements sont entrain de se faire. Si on comprend le changement comme un bouleversement de l’ordre établie, alors on a une meilleure perspective des réticences. Cependant, il faut encourager les gente féminine dans ses initiatives. Des milliers de femmes se sont battues jusqu’ici mais des milliers d’hommes ont marché à leurs côtés. Il faut savoir juger à juste titre et célébrer les acquis qu’ensemble, ils ont pu arracher. Du chemin reste encore à parcourir. Comme le disait ce révolutionnaire:  » A lucha continua ! » (la lutte continue!)

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