Femmes et hommes autour du monde

Des inégalités de droit

Quand le sexisme envers le genre féminin entraine des inégalités de droits pour les hommes

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Au sein de ce blogue, nous traitons principalement et presque exclusivement des inégalités touchant les femmes car ces dernières sont les plus touchées. Ceci dit, les hommes doivent aussi vivre avec les conséquences du sexisme et  la vision péjorative qui persiste concernant le sexe et le genre féminin. En effet, si je prends l’exemple du Zimbabwe, une loi en particulier s’applique aux hommes et non aux femmes : l’interdiction légale de relations sexuelles entre deux hommes.

En effet, la loi zimbabwéenne reconnait trois classes d’infractions anormales : la sodomie, la bestialité et ce qui pourrait être appelé « un groupe résiduel de pratique sexuelle contre nature (1). » Ce qu’il y a de particulier avec cette loi est le fait qu’elle soit seulement édictée pour les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. En effet, la loi concernant les relations sexuelles anales (sodomie) pratiquées par un couple hétérosexuel fut abrogée en 1979 (2) ainsi que celle interdisant les relations sexuelles entre femmes; étant donné « l’extrême complexité de prouver que de telles relations aient eu lieu (3). » Ensuite, les actes figurants dans le groupe résiduel de pratiques sexuelles contre nature sont considérés anormaux seulement lorsqu’ils sont pratiqués par des homosexuels (4). De plus, il faut spécifier qu’un viol « homosexuel » et une relation consensuelle entre deux hommes sont tous deux jugés sans distinction devant la loi (5). Depuis 2006, deux personnes du même sexe (homme ou femme) ne peuvent légalement se tenir la main, se donner une accolade ou de s’embrasser. Cependant, seuls les hommes peuvent être jugés pour leurs relations sexuelles.

Il est important de mentionner que ce ne sont pas seulement les hommes homosexuels qui sont victime de cette inégalité, mais bien tous les hommes. En effet, si un homme est hétérosexuel, il pourrait être accusé d’un acte ‘’homosexuel’’  sans que cela soit vrai ou encore être agressé sexuellement sans que cette agression soit reconnue par la justice.

Selon moi, cette situation démontre une conséquence subtile du dénigrement du sexe et du genre féminin : l’impact sur les hommes qui oseraient s’en revendiquer. Selon Cameron et Kulick, « les hommes homosexuels peuvent être perçus comme des traitres de leur genre » (6), car ils rejettent la masculinité conventionnelle qui est définie par l’hétérosexualité. La masculinité conçoit l’homosexualité comme une menace, puisque les hommes ayant des relations homosexuelles infirment le genre attribué au sexe masculin. En effet, un homme est censé être naturellement dominant et fort physiquement, alors que la femme doit être passive, faible et dominée. Le féminisme a permis de remettre en question l’attribution d’un genre à un sexe; idée prévalue par les tenants de la pensée patriarcale  qui  justifiaient la domination des hommes sur les femmes par l’attribution d’un caractère naturellement impuissant au sexe féminin.

Donc, un homme qui ne respecte pas ces standards, soit par un physique efféminé, ou par des relations sexuelles où il a le rôle passif, donc féminin, vient contredire l’identité masculine dominante. De par leur orientation sexuelle, les hommes homosexuels sont particulièrement persécutés; contredisant la force de leur sexe en arborant les caractéristiques physiques ou psychologiques du sexe faible, le sexe féminin. Il y a donc ici un problème flagrant de sexisme où le genre féminin est d’autant plus considéré comme un signe de faiblesse lorsqu’il est arboré par un homme. Il semble que le problème ne soit pas les relations homosexuelles en soi, mais bien ce que l’homosexualité représente : la faiblesse.

Le fait que les femmes homosexuelles ne soient pas jugées par la loi, comme les hommes, démontre selon moi qu’il est plus facile pour la société d’accepter qu’une femme revête le genre masculin que le contraire où un homme revête le genre féminin. Nous n’avons qu’à penser à nos propres sociétés ou une femme peut facilement mettre un veston et une cravate et se promener dans la rue, alors qu’un homme pourra difficilement s’en sortir en portant une robe.

Bref, je trouvais intéressant de donner un exemple où les hommes sont affectés par le sexisme. Il est clair que les standards de masculinité ne sont pas naturels et que bien des hommes, hétérosexuels et homosexuels confondus, doivent vivre avec la crainte de ne pas répondre à ceux-ci, ou encore des conséquences qu’amènera leur dérogation. C’est pour cette raison que je crois fermement que la lutte pour l’égalité entre les sexes devrait être réalisée PAR tous et toutes POUR tous et toutes !  Qu’en pensez-vous ?

Merci

  1. Oliver Phillips,  «Zimbabwe », in Sociolegal control of homosexuality: A multy-nation comparison, sous la dir. Donald J. West et Richard Green, p.43-55, New York: Plenum Press, 1997, p.44
  2. Ibid., p.45
  3. Ibid., p.46
  4. Ibid., p.45
  5. The United Nations refugee Agency[UNHCR], Zimbabwe: Situation of gays and lesbians including, societal attitudes, treatment by government or security forces and availability of state protection, en ligne, http://www.unhcr.org/refworld/topic,4565c22547,4565c25f55d,3df4becb0,0.html, page consultée le 22 novembre 2011
  6. Cameron, Deborah and Don Kulick. Language and Sexuality. Cambridge : Cambridge University Press, P. 134.

Claudya Bergevin Hilaire

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