Femmes et hommes autour du monde

Des inégalités de droit

Océanie

OceanieL’Océanie est une mosaïque de terre, d’îles et d’archipel localisés dans l’Océan Pacifique en zone équatoriale et sub-équatoriale. Région située entre l’Asie du  Sud-Est et l’Amérique du Sud, l’Océanie en fait rêver plusieurs avec  l’Australie, la Nouvelle-Zélande ainsi qu’avec les archipels et les îles de la  Micronésie, de la Mélanésie et de la Polynésie. Tout comme les six autres «  continents » de la planète, l’Océanie n’échappe pas à la diversité culturelle et  linguistique. Loin de là! Avec aux alentour de 378 000 000 habitants (2010) on  compte à titre indicatif plus de 850 ethnies en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Avec  deux grandes familles linguistiques (autronésiennes et papoues) ont reconnait  plus de mille dialectes. De culte initialement polythéisme, bien des sociétés  océaniennes sont aujourd’hui confrontées entre tradition et modernité dans un  monde qui se globalise.

L’Océanie est composée de 16 États indépendants  et de 15 pays ou territoires indépendants dont certains sont américains ou  rattachés à la France comme la Nouvelle-Calédonie. Cette dernière ne fait donc  pas partie du Commonwealth et Fiji a été exclut en 2009. Seuls dix États  indépendants sont membres du Commonwealth (Australie, Kiribati, Nauru,  Nouvelle-Zélande, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Salomon, Samoa, Tonga, Tuvalu et  Vanuatu).

C’est dans ce contexte, avec toutes ces spécificités et bien d’autres que nous  tenterons de dresser un portrait (non exhaustif) des inégalités de droit entre  les femmes et les hommes en Océanie.

Source de l’image:  http://www.e-voyageur.com/atlas/oceanie.htm

SYNTHÈSE

Il a été mentionné dans les deux billets concernant la violence faite aux femmes en Papouasie Nouvelle-Guinée (PNG) (La violence faite aux femmes en Papouasie Nouvelle-Guinée (PNG) | Femmes et hommes autour du monde) et à Fiji (Les luttes contre la violence faite aux femmes à Fiji | Femmes et hommes autour du monde) que la société civile se mobilise en réseau nationaux et internationaux et que cela constitue en soit une pression pour changer les politiques en matière d’égalité des sexes. Ainsi, on revendique une modification de la loi sur la sorcellerie par exemple au même titre qu’un meilleur accès au domaine public des femmes, soit l’accès à des postes décisionnels. Comme en Inde, en Occident et à bien d’autres endroits, il y a un mouvement de revendication contre les violences et les abus commises à l’égard des femmes.

En parallèle, le positionnement de ces deux pays, pour n’en rester qu’à ceux-ci, par rapport aux relations internationales peut également venir renforcer le plaidoyer en matière d’égalité des sexes. On peut citer à titre d’exemple ONU Femmes et d’autres agences de l’ONU qui s’impliquent à ce niveau ainsi que les ONG internationales comme Oxfam Nouvelle-Zélande.  Aussi, des espaces de dialogues comme le Forum régional de l’ASEAN et celui des îles du Pacifique, lesquels réunissent les pays de l’Océanie et certains pays de l’Occident comme la France et le Canada, peuvent également inciter les pays à restructurer leur politique en matière d’égalité des sexes et à porter une attention particulière à la situation des femmes.

Un des problèmes qui se pose et qui a été mentionné dans le billet sur la PNG est celui du conflit entre deux régimes de droit : le Common Law et le droit coutumier. On peut donc se questionner sur l’efficacité des politiques et le poids de ce réseautage, surtout lorsque l’on sait que le droit coutumier se pratique dans plusieurs zones aux us et coutumes encore traditionnelles et que ces deux pays comptent une diversité culturelle très riche. Comme à bien d’autres endroits sur la planète, la violence faite aux femmes repose sur des normes culturelles la rendant légitime et normale ce qui la cautionne dans le temps et dans l’espace.

C’est donc bien plus que des politiques qu’il faut changer : il faut travailler sur le moule, sur les mentalités. Cela nous amènera à considérer l’ensemble du contexte socio-économique (pauvreté, éducation, santé, etc.) et à souhaiter trouver la manière adéquate d’aborder l’inégalité des sexes dans une perspective de changement dans de telles sociétés. Un travail acharné et à multiparties doit donc, je crois, être mis en branle, afin de concilier les politiques et le quotidien des populations.

Dans cet ordre d’idée, si on se réfère à un billet écrit par notre collègue Issa, Les femmes : un atout pour propulser l’économie africaine | Femmes et hommes autour du monde, ainsi qu’aux commentaires qui ont suivi on peut faire deux conclusions. La première est qu’il devient assez juste de croire que l’empowerment des femmes peut dans une certaine mesure faire un pas de plus vers une équité des sexes (et des genres). La deuxième est qu’il peut s’avérer vain d’agir en négligeant de faire de la sensibilisation. Aussi, en regard du billet écrit par une autre de nos collègue, Catherine, Féminicides dans le nord du Mexique | Femmes et hommes autour du monde, on s’aperçoit qu’une des principales causes à l’origine de la perpétuelle violence faite envers les femmes est l’impunité. Dans cette optique on en a effet besoin qu’il y ait non seulement des politiques en place, mais une structure efficiente et efficace pour faire appliquer la loi. Tel que mentionné brièvement dans le billet sur la PNG le manque d’effectif de la gendarmerie ne permet pas de punir les coupables ce qui entretien malheureusement l’impunité.

En conclusion, à elles seules les politiques, les relations diplomatiques, les Conventions et traités ne peuvent enrayer la problématique des violences faites aux femmes tout comme à elle seule la société civile ne peut le faire. L’interdépendance de ces deux niveaux de gouvernance est donc évidente et leur collaboration essentielle pour de meilleurs résultats. Ceci dit, le combat de femmes n’appartient pas à personne : il appartient à tous.

Jolianne


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3 avis sur « Océanie »

  1. Bonjour,

    Pour avoir vécu 9 mois en Australie et pour avoir visité la Nouvelle-Zélande ainsi que les îles Fidji, je peux confirmer que la diversité culturelle et linguistique est présente partout. Lorsque j’allais à la plage, j’entendais parler plus de gens en français et en allemand qu’en anglais. Je trouve que les australien sont extrêmement ouverts d’esprit et cela se reflète dans la majorité de ce qu’ils entreprennent.

    L’Australie a une histoire unique qui a façonné la diversité de ses habitants, leurs cultures ainsi que leurs modes de vie d’aujourd’hui. Trois facteurs principaux ont contribué à l’évolution de la démographie australienne: la diversité de la population indigène, un passé colonial britannique et l’augmentation du taux d’immigrants venant de nombreux pays et partageant différentes cultures. Aujourd’hui, la population de l’Australie est d’environ 20 millions de personnes et représente un des pays ayant la plus grande diversité culturelle et linguistique dans le monde. Même si la majorité des habitants sont nés en Australie, plus de 50% ont des ancêtres de nationalité autre qu’australienne [1]. Environ 2% des Australiens ont des origines indigènes et environ 41% ont au moins un parent qui est né à l’extérieur du pays. 22% de la population est née dans un autre pays. La plupart des gens nés à l’extérieur du pays proviennent des pays suivants: Angleterre, Nouvelle-Zélande et Chine. Puis, environ 14% des australiens sont nés dans un pays n’ayant pas la langue anglaise comme langue maternelle [1]. Collectivement, les australiens parlent plus de 200 langues. 16% de la population a la capacité de parler une autre langue que l’anglais et environ 56 000 de personnes parlent un langage indigène. Autre que l’anglais, les principales langues parlées en Australie aujourd’hui sont: le chinois, l’italien, le grec et l’arabe. Il y a également plus de 50 langages indigènes parlées par les australiens.

    Bien entendu, les inégalités entre les hommes et les femmes sont présentes en Australie. Par contre, le gouvernement travaille fort à diminuer cet écart. Le gouvernement australien a identifié l’égalité des sexes comme un critère important à privilégier pour le pays. Le gouvernement développe donc des campagnes pour cette cause afin d’appuyer l’égalité des sexes. Trois des dix objectifs de développement de la campagne adresse directement l’égalité des sexes et la responsabilisation des femmes (participation des femmes dans l’économie, leadership, éducation, etc.)[2]. L’approche de l’Australie et de sa campagne de sensibilisation est détaillée davantage sur le site du gouvernement australien à l’adresse suivante: http://www.ausaid.gov.au/aidissues/gender/Pages/home.aspx. En 2011-2012, le gouvernement a amassé une somme de 2,163 billions de dollars australiens. Allez jeter un coup d’oeil au graphique à l’Adresse mentionnée ci-haut, il en vaut la peine!

    Au plaisir de lire vos commentaires,

    Maude-Émilie Théberge

    Références:

    [1] « Australia’s cultural diversity », par Racism. No way., disponible à l’adresse suivante : http://www.racismnoway.com.au/about-racism/population/ (dernière consultation le 10 avril 2013).

    [2] « Gender equality », par Australian government., disponible à l’adresse suivante: http://www.ausaid.gov.au/aidissues/gender/Pages/home.aspx

  2. *j’aimerais préciser que la somme amassée par le gouvernement pour la campagne est de 2,163 milliards et non billions. Désolé!

  3. Le cas de l’Australie est intéressant. Merci Maude-Émilie pour ces nouvelles informations. Mais cela m’amène toutefois à émettre une réflexion et à nuancer.

    Les Aborigènes représentent environ 2% de la population en Australie (sur 20 millions d’habitants) (2,3% pour être plus exacte selon un recensement de 2006 ). L’histoire coloniale est pratiquement la même que celle des Amérindiens à l’exception près que dans la première Constitution du pays ils n’étaient pas considérés comme des habitants du pays et n’ont jamais signés de traités ou passé un quelconque accord avec les colons ce qui les destituaient de tout. Ce n’est qu’en 1967 que la section 127 de la Constitution a été abolie et que les Aborigènes ont obtenu une identité politique et qu’en 1990 qu’ils se sont vus réattribué des droits ancestraux . Tout comme les autochtones au Canada, les Aborigènes vivent dans un carcan de problèmes sociaux où la pauvreté, l’alcoolisme et… la violence conjugale sont les principaux fléaux. La question que je me pose c’est quelles sont véritablement les retombées de ces politiques gouvernementales sur la population Aborigène et particulièrement sur les femmes?

    En consultant le site du gouvernement australien, il semble que l’Australie soit bien impliquée dans plusieurs causes internationales et humanitaires. On peut effectivement croire que les aspects d’égalité des sexes, de leadership féminin, de participation des femmes dans l’économie, etc. sont de véritables préoccupations, mais jusqu’à quel point? Jusqu’à quel point cela concerne la population de femmes aborigènes? Avec le « tendre » exemple du Canada je me permets un certain scepticisme. Toutefois ce peu d’informations trouvées sur le web font jaillir un brin d’optimisme :
    • Demande de pardon émise en 2008 et de l’ouverture du dialogue depuis;
    • Législation et programme concernant la violence conjugale;
    • Quelques premiers ministres dont Paul Keating ont qualifié de honteux le traitement réservé aux Aborigènes (il faut toute fois mentionner que cela est à la subjectivité du Premier Ministre car Howard avant Keating, malgré une mobilisation citoyenne en la faveur des Aborigènes, a refusé cette politesse).

    Dans tout cet élan, je vais conclure mon intervention en manifestant simplement que j’ai beaucoup de difficulté de prétendre à la hâte (sans prétendre que quiconque le fasse et loin de là) que les bonnes actions sont précédées de bonnes intentions ou qu’elles ont ou auront de réels impacts sur l’amélioration de la condition des femmes. Nous avons bien vu dans ce cours que les relations humaines sont truffées de subtilités que même le temps et les politiques n’arrivent pas à déjouer. Considérant notre ouverture sur le monde et notre compréhension de celui-ci, j’ose espérer que plusieurs abondent également dans cette direction. Ce n’est pas parce que les choses semblent changer qu’elles changent vraiment. L’être humain est bourré d’un incroyable talent de manipulation et il sait dompter ce dont il a besoin pour arriver à ses propres fins. De là l’intérêt de se questionner sur l’intention et la portée des actions posées ou des décisions politiques prises. D’un point de vue de l’éthique conséquentialisme on pourrait se dire que puisque 98% de la population australienne bénéficie des retombées de cette politique c’est bien, mais d’un point de vu d’ordre déontologique (universalisme) on peut juger que ce n’est pas suffisant. Voici où je me situe.

    Jolianne

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